Les femmes ont donc le désir de changer leur corps et de modifier leur image pour plaire, séduire, aimer et être aimé par le paraître. Mais est-il possible de s’intégrer auprès des autres, dans sa vie personnelle et professionnelle en préservant son individualité et sa personnalité.

Là sont les limites de cet idéal.

 S’intégrer dans la société :

 La femme, en affrontant le regard des autres doit faire face aux préjugés :

 Du scolaire au professionnel

A l’école maternelle déjà il semblerait que les belles petites filles soient privilégiées, selon une étude menée par Jean Maisonneuve et Marilou Bruchon-Schweitzer (PUF, 1981), les enseignants - à leur corps défendant, bien sûr - ont une meilleure opinion des enfants plus beaux, leur accordent davantage d’attention, les évaluent avec plus d’indulgence. Cela implique une confiance chez l’enfant qui, de fait, l’accompagnera jusqu’à l’âge adulte. Le collège et le lycée confirmeraient cette tendance et les deux auteurs affirment qu’une « étudiante laide mais de bon niveau est peu défavorisée par rapport à une étudiante belle de même niveau En revanche, si la plus jolie est mauvaise élève, ses notes seront nettement surévaluées par les examinateurs». Une note peut ainsi varier de 20 à 40 % selon la beauté de l’élève.

Diplôme en poche, pour un premier emploi la dictature des apparences joue là aussi : Prenons ce cas de figure :

Pamela, 27 ans, 110 kilos, 1m64, vient de finir son doctorat en médecine dans la même promotion que son amie, Anne-Sophie, 27 ans, 50 kilos, 1m70. Ces dernières ont reçu les réponses à leur postulation pour le poste de médecin généraliste à l’hôpital. Pamela n’a pas reçu de réponse favorable, tandis que son amie, ayant le même cursus professionnel, à eu suite à sa demande. Très vite, Pamela s’est rendue compte qu’elle aurait du mal à s’intégrer dans la vie professionnelle à cause de son apparence physique.

Dans les relations professionnelles, l’image que l’on peut renvoyer semble jouer un rôle important, mais pourrait elle être concurrencée par des compétences dans le domaine concerné ?

 La beauté joue dans la sélection à l’emploi. Certaines entreprises recrutent en tenant compte      explicitement de l’esthétique : c’est le cas pour certaines tâches de représentation : hôtesse d’accueil, présentatrice TV. Mais dans de nombreux cas le critère esthétique opère  sans être explicite : ainsi une coiffeuse nous confiait qu’elle n’envisageait de travailler que jusqu’à un certain âge dans ce salon (la quarantaine) parce que «  la représentation du personnel auprès de la clientèle ne pouvait être que des employées relativement jeunes et dans la tendance »

« Bien sûr, nous préférerions que ce soient les mérites de chacun qui déterminent l’obtention des diplômes, l’accès aux emplois, plutôt qu’un critère arbitraire et primitif, admet Jean-François Amadieu. Mais c’est en disant la vérité sur cette discrimination qu’on peut élaborer des stratégies visant à limiter, sinon contrer, l’emprise des apparences. Bien connue et bien utilisée par tous, elle peut aussi permettre de bousculer l’ordre imposé. »

Dans la vie sentimentale

Sur le marché de l’amour, la loi de la beauté est la plus implacable, et la plus cruelle. En dépit de « l’amoureusement correct » qui voudrait que l’on aime une personne d’abord pour sa personnalité, sa générosité, son intelligence, son humour, la beauté reste le facteur prédominant dans l’attraction entre les êtres. Au niveau du mariage, la beauté d’une femme a une valeur objective, qui se « monnaie ». Une belle femme, si elle dispose d’un capital scolaire décent, pourra facilement améliorer son statut social par le mariage. Plus les hommes sont riches, plus ils veulent une belle épouse.. La laideur contraint souvent à ne séduire que les personnes qui sont à sa portée, c’est-à-dire ceux qui vous ressemblent.

 Certes quelques hommes préfèrent les femmes plus âgées ou plus enrobées alors que ces deux critères sont des handicaps dans la séduction mais ces exceptions sont plutôt rares, elles sont remarquables justement parce qu’elles sont exceptionnelles.

De plus en plus de femmes « surfent » sur des réseaux sociaux, des logiciels de retouche sont mis à leur disposition, ce qui autorise plusieurs versions de soi par le biais de maquillage, de floutage, d’effets, de possibilité de disparition des défauts, pour avoir en retour des commentaires positifs des autres utilisateurs, ce qui booste l’estime de soi !

 

 

Imposer l’image de soi :

 L’idéal féminin change avec l’époque : de nouveaux critères de beauté :

 Les canons de la beauté féminine ont évolués de l’Antiquité à aujourd’hui et les critères en ont été modifiés. Ainsi un tournant s’amorce dans le culte de l’ultra minceur, les modèles s’inspirent de plus en plus du grand Sud : les Africaines et les Américaines latines aux formes plus féminines, plus fortes, plus provocantes deviennent les nouveaux diktats de la beauté. En Afrique en effet, être mince révèle un signe de mal nutrition, on peut donc se demander si l’évolution de la beauté ne rejoint pas l’évolution du niveau de vie.

 

La femme doit distinguer l’idéal fictif de l’idéal réaliste :

 Il faut que la femme arrive à prendre conscience qu’elle doit se fixer des limites lorsqu’elle souhaite atteindre un idéal dont elle rêve, les actions qu’elle engage (régimes, chirurgie, cosmétiques) doivent rester dans le domaine du réalisable pour chacune d’entre elles (en accord avec son métabolisme, ses possibilités financières, et ses caractéristiques physiques) et non du fantasme.

 Elle doit garder sont identité :

 A force de copier  tel ou tel idéal, l’individu en oublie son identité, il serait plus raisonnable de créer son propre style sans nécessairement imiter tel ou tel modèle.

 L’affirmation de soi est de plus en plus encouragée :

 

La campagne Kaporal, autour du slogan : « Take me as I am » (Prends-moi comme je suis) a utilisé des modèles décalés ou provocateurs afin de faire réagir le public.

Les nouveaux coachs à la télévision ont pour but d’apprendre aux femmes à s’aimer telles qu’elles sont (« belle toute nue »)

Certains créateurs, font défiler de plus en plus de mannequins « lambda », ainsi Jean Paul Gautier.

 « Il n’y a pas d’idéal absolu parce qu’il n’y a pas de vérité absolue.. l’idéal n’a pas de visage défini au même titre que la perfection. » D’après le sociologue J.F Dortier

Cela donne le ton à l’idée d’une diversité de modèles corporels qui s’opposerait à une culture

dominante des canons de beauté idéaux. Il faut être convaincu d’être belle pour le devenir, sans  l’indispensable accord des autres.

« S’aimer soi-même, pour éviter le piège d’exiger que les autres nous aiment » disait Bouddha. Alors les autres viennent à nous.

 

Conclusion :

Bref, c’est triste à constater, à l’école, au travail, en amour, en amitié et dans les relations humaines en général, il vaut mieux être beau. Cela compte de façon significative dans le jugement porté sur nous. On comprend dans ces conditions que le maquillage, la musculation, les régimes amaigrissants, les produits « antiâge », antirides, la chirurgie esthétique, le Botox, bref tout ce que l’industrie de la beauté peut proposer, se portent bien. L’importance que l’on accorde aux apparences est tout sauf de la futilité. La beauté est un atout considérable dans les relations humaines.